Etat d'esprit

La liberté d’être soi

La liberté d’être soi. C’est ce sur quoi je travaille en ce moment. Me souvenir de ce que j’étais, trouver le courage de regarder au plus profond de mon cœur et prendre le temps de réfléchir à ce que je veux vraiment.

Qui sommes-nous en réalité ? On dirait qu’on peut passer l’intégralité de sa vie sans savoir. En regardant uniquement les couches les plus superficielles de son être. Distraitement. Sans vraiment y penser. Lorsqu’on rencontre quelqu’un, ce sont toujours les mêmes questions qui reviennent. Comment tu t’appelles et qu’est-ce que tu fais dans la vie. Et même si je me plie à ces conventions sociales, je dois avouer qu’elles m’exaspèrent ; parce qu’elles sonnent faux et n’apportent rien d’intéressant sur l’autre.

Les relations formalisées me frustrent. Dans le boulot, très bien, jouons le jeu. Mais est-on vraiment obligés de le jouer aussi systématiquement dans notre vie ? Tout est tellement lisse. En vrai, quelle importance ce que la personne fait dans la vie, ou même son nom. Ce que j’ai envie de savoir, c’est ce qu’il y a au fond de son cœur. Quelles sont ses valeurs, quels sont ses rêves, ses doutes, ses espoirs, ses blocages, ses projets… Qu’est-ce qu’elle aime ? Qu’est-ce qu’elle n’aime pas ? Comment est-ce que nous pouvons nous enrichir mutuellement ?

Quand sommes-nous devenus tellement confinés au superficiel, au point d’oublier l’essentiel de ce qui fait réellement une personne, son unicité, les aléas de son chemin de vie, la couleur de son âme ?

Je sais que j’apprécie quelqu’un quand je suis presque davantage attachée à ses défauts qu’à ses qualités. Les défauts, les petits détails agaçants, c’est ce qui rend les gens uniques et attachants. Peut-être qu’ils vont nous énerver. Sans doute qu’on les énervera aussi. Mais au fond… une relation digne de ce nom, est-ce que ce n’est pas accepter l’autre de manière pleine et entière, inconditionnellement, sans jugement ? Avec bienveillance, agacement peut-être mais sans reproche.

Je veux qu’on m’accepte de cette façon. Je veux qu’on se dise mais qu’est-ce que cette fille est pénible !! Franchement elle est fatigante, jamais contente, elle veut toujours avoir raison, elle est à moitié folle, excessive, impulsive, désordonnée. Elle sème le chaos sur son passage. Mais elle a les défauts de ses qualités et vice versa. Quelle amie géniale. Quelle personne intègre, fidèle à des valeurs claires. Quelle fille à l’écoute, empathique mais franche. Elle n’est pas parfaite mais elle fait de son mieux. Ok elle me fatigue avec ses délires et ses crises existentielles et ses humeurs, mais je l’adore malgré ça. Ou à cause de ça.

Oui j’aime tout ça chez moi. C’est mégalo hein. Je sais. Mais si je réussis à vivre en étant Princesse Mégalo, tu devrais réussir à vivre en l’étant au moins un peu toi aussi. Alors je me lance, je détaille un peu pour te décomplexer. Pour t’encourager à être toi.

J’aime créer. J’aime sortir du cadre, déconstruire, reconstruire, tout remettre en question, bouleverser ce que je connais, recommencer, ne jamais rien prendre pour acquis. J’aime écrire, griffonner, raturer, jeter, reprendre. Si je suis limitée, si je ne peux rien créer, sur le long terme j’en souffre. Je me sens étouffée. Je veux aller plus loin, questionner tout le temps ce qui existe, peut-être pas pour faire mieux, mais faire différemment. Dans mes pires cauchemars, je suis coincée avec de vieux modèles, à répéter sans cesse les mêmes tâches, avec des gens qui produisent tous la même chose : le même style, le fond, la forme, tout est pareil. Mais ils se pensent originaux, ou pire, juste compétents. Ils en sont fiers. Arrogance au max. Remise en question zéro. Créativité aucune. Plaisir néant. Angoisse totale. Je ne veux pas vivre de cette façon. Mon esprit a besoin se perdre dans les méandres d’une réflexion alternative, pour mieux se dépasser, pour mieux se retrouver.

J’aime être passionnée. J’aimerais être passionnante, mais passionnée c’est déjà pas mal. J’ai envie de l’être encore plus. J’aime être excessive. Je suis très franche. Ceux qui ne m’apprécient pas disent que je le suis trop, et le plus beau c’est que je m’en fous complètement. Je dirais même que ça me flatte un peu. Bien sûr je peux agir autrement. Je peux me conformer à un cadre bien lisse s’il le faut. C’est juste que ma flamboyance et moi on se sent bien comme ça. Sauf s’il s’agit de faire preuve de délicatesse pour quelqu’un que j’aime ou que je veux aider. Alors là compte sur moi, mais je serai quand même toujours honnête. Question de respect.

J’aime m’engager. Entièrement, passionnément, joyeusement, inconsciemment, courageusement. J’aime découvrir quelqu’un et tomber amoureuse de sa personnalité. Romantiquement… ou pas. L’Amour au sens large. Aimer follement, sans aucune mesure. C’est le genre de rencontres qui n’arrive pas si souvent, mais quand c’est le cas je suis tellement heureuse et terrorisée. J’aime aimer. J’aime détester. Parce que plus je déteste et plus je réalise la chance que j’ai d’aimer. Parfois j’aime tellement que j’en suis totalement bouleversée. Un rien peut transcender ma sensibilité. C’est carrément effrayant et délicieusement imprévisible. On m’a déjà dit que je manquais d’enthousiasme. Je garde un air blasé mais au fond ça me fait bien rire. Manquer d’enthousiasme. Moi qui ai parfois les larmes aux yeux dans la rue juste parce que des branches d’arbre se découpent parfaitement sur le ciel et que je trouve le tableau si délicat et si pur.

J’aime m’indigner. Indigne-toi, je t’en conjure. L’indignation c’est le premier pas de l’action, et dans ce monde c’est indispensable. Il y a tant à faire. Tellement de messages à faire passer, tellement d’actions à mener. Je refuse de rester là, complètement blasée devant l’injustice, la souffrance, l’intolérance, la cruauté. Je veux m’indigner, parce que je suis sensible, forte et vivante. Tellement vivante. Pour si peu de temps sur cette planète. Alors durant ce bref moment dont je dispose, je veux donner le maximum.

J’aime ironiser. J’aime râler aussi. Combiner les deux, c’est génial. Je sais… on est censés arrêter de râler mais je m’en fous. Le ravissement que me procure une bonne vanne, ça n’a pas de prix. Je crois que l’humour en général est indispensable à une vie saine. Autant que manger des légumes, faire du sport et boire de l’eau. Alors je suis pour la dérision et l’autodérision. Je crois aussi que râler maintient l’esprit critique en pleine forme et que c’est indispensable pour s’indigner. Ça ne m’empêche pas d’être sympa si je veux. Ça ne m’empêche pas de ressentir compassion et bienveillance. Ça ne m’empêche pas d’aider quelqu’un. Ça ne m’empêche pas d’être sensible. Bien au contraire.

J’aime dire non. Pas juste pour le plaisir. Quoique… Mais avant de faire quelque chose, j’aime prendre le temps de regarder au fond de moi. Me demander comment je me sens. Est-ce que ça va me rendre heureuse ? Ou est-ce que je me sens contrainte ? Si je me sens contrainte, est-ce que je peux décliner ? C’est bien plus souvent le cas qu’on ne le croit. La sensation d’oppression disparaît, la légèreté revient, et je ne culpabilise pas parce que se forcer à faire quelque chose dont on n’a pas envie n’est intéressant pour personne. Pour bien s’occuper des autres il faut d’abord savoir s’occuper de soi.

J’aime dire oui. J’aime prendre des risques et sortir de ma zone de confort. J’aime surprendre les autres mais surtout j’aime me surprendre moi. J’aime surprendre la petite fille que j’étais et qui n’osait jamais dire oui. Parce qu’elle avait tellement peur. Peur de se tromper, peur de se faire mal, peur de ne pas être aimée, peur d’exister. Je veux qu’elle me regarde bouche bée, stupéfaite de tout ce qu’elle peut accomplir juste en disant oui. La vie est si courte. Au final qu’est-ce qu’on risque ? D’être critiqué, rejeté, moqué, humilié ? J’ai déjà vécu tout ça et je suis toujours là. Publier un texte aussi personnel, en soi c’est déjà complètement fou et je n’aurais jamais pensé le faire il y a encore quelques mois. Mais à quoi sert la vie, sinon à se dépasser et à affronter ses peurs pour prendre tout ce qu’il y a à prendre ?

J’aime ce que je deviens. Avec mes forces et mes insécurités. Avec ma flamboyance et ma fragilité. Me détacher de toutes les projections étriquées dans lesquelles j’étais enfermée. Tout faire voler en éclats et me voir me construire. M’épanouir. En laissant un à un tous mes anciens repères derrière moi pour suivre mon intuition et aller vers ce qui me rend heureuse. Je ne sais pas exactement où je vais. Mais au fond ça n’a aucune importance, car je me sens de plus en plus libre et c’est exactement ce dont j’ai besoin.

J’aime être moi et je te souhaite de tout cœur de vivre la même chose.

En créant ta propre liberté.

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4 Comments

  • Reply
    Marta
    5 juillet 2017 at 14:04

    Merci pour ce texte! Merci, merci, merci! Je suis tres loin d’etre aussi libre que toi mais j’y arriverai un jour. Pour l’instant je fais tous les efforts pour me connecter a moi-meme, apprendre a nouveau qui je suis.
    Je vais imprimer ce texte et le mettre dans mon journal intime, je rigole pas!

    Ps: Excuse-moi le manque des signes diacritiques et des erreurs (s’il y en a), je ne suis pas francaise 😉

    • Reply
      instinctvegan
      6 juillet 2017 at 09:52

      Merci Marta d’avoir pris le temps de laisser ce joli message. Je suis très touchée… Se reconnecter à soi-même, s’accepter, s’encourager, c’est toujours difficile. C’est un travail constant mais qui en vaut tellement la peine 🙂

  • Reply
    Elodie
    6 juillet 2017 at 08:25

    Texte superbement bien écrit!! Les mots sont justes et puissants ! Et si vraix! Je me suis bcp retrouvée en toi… L’écho que je ressens déjà sur Instagram… Merci pour ces mots touchants qui nous aident à nous connaître et nous cerner !

    • Reply
      instinctvegan
      6 juillet 2017 at 09:54

      Un grand merci ! Ça me fait très plaisir de te retrouver ici, je suis émue par ton retour. J’espère pouvoir apporter par mes textes à cœur ouvert une petite contribution à mon niveau 🙂

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