Etat d'esprit

Pourquoi être vegan n’est pas « extrême »

Etre vegan peut être le premier pas vers la recherche de notre Légende Personnelle, le développement de la meilleure version de soi-même

J’avais des dizaines d’idées vegan-ement correctes pour ce premier article. Plein de sujets que je souhaitais aborder. Ils se bousculaient dans ma tête, j’en notais des listes entières. Et finalement c’est la création même de ce blog qui m’a inspirée. Les difficultés que j’ai rencontrées, les discussions parfois houleuses que j’ai dû tenir avec les gens dont j’avais néanmoins besoin pour m’aider à construire ce projet.

Le véganisme est « à la mode ». Et maintenant qu’on en parle davantage, il génère une méfiance non dissimulée. Carrément de l’hostilité. Avant on nous prenait juste pour des espèces de hippies, maintenant nous sommes limite dangereux.

Etre végétarien, ok. On admet même que c’est plutôt bon pour la santé. Etre végétalien, et encore pire vegan, là c’est vraiment trop « extrême ».

Je ne vais pas entrer dans le détail du pourquoi du comment le véganisme est bon pour nous, pour notre corps. Il existe d’excellentes ressources sur le sujet, déjà accessibles, et au besoin j’en ferai des articles séparés. Je crois profondément que les raisons de santé, même si elles doivent être connues notamment pour faire face aux arguments mal documentés, ne sont pas les raisons les plus fondamentales et les plus parlantes du véganisme. Je vais simplement vous donner ma propre vision, qui n’engage que moi.

Végétarien, végétalien, vegan : quelle différence ?

Etre vegan, c’est s’efforcer de créer le minimum de souffrance autour de soi.

Voilà voilà. Hey… What did you expect ?

Reprenons les bases rapidement. J’autorise ceux qui connaissent déjà ces définitions à passer à la partie suivante (ne me remerciez pas).

Le végétarien ne mange pas ce qui entraîne la mort directe d’un animal, donc sa chair bien sûr : pas de viande, pas de poisson. Mais aussi pas de gélatine animale, ni de présure (celle-ci est l’un des ingrédients de certains fromages). Ces deux derniers points sont souvent oubliés, pourtant il est impossible de les prélever sans tuer l’animal. Bref. Rappelons quand même une bonne fois pour toutes que quelqu’un qui mange du poisson n’est pas végétarien. C’est quelqu’un qui n’aime pas la viande. Ou qui aime beaucoup le poisson. Appelez le flexitarien si vous voulez.

Vous trouvez que je pinaille ? Peut-être. Pensez aux gens qui demandent un plat végétarien et à qui on apporte du poisson parce que tous ces termes sont couramment mal utilisés. C’est super agaçant, il faut s’expliquer, essayer de faire gentiment comprendre pourquoi le plat ne convient pas, donner des détails, le temps passe, on s’épuise et surtout pendant ce temps ON A FAIM !! Je ne sais pas vous, mais moi quand j’ai faim je suis ultra pénible.

Plus sérieusement : le poids des mots a son importance. Pour ce sujet comme pour tous les autres. Donc on évite de propager de fausses définitions, qui embrouillent tout le monde et font perdre de vue l’éthique de ces modes de vie.

Le végétalien ne mange pas de produits issus des animaux. Donc pas de produits laitiers (lait, beurre, crème, fromage), pas d’œufs, pas de miel. Là neuf personnes sur dix hurlent intérieurement « Pas de fromage ??!! » Bah oui. Et vous pouvez croire une ancienne fanatique de fromage, on s’en passe bien. Et puis la recherche du fromage végétal parfait, ça donne du sens à la vie ! Comme la quête du graal. Pour les œufs et le miel il y a des débats du genre « mais si les poules sont heureuses ? » « l’apiculture aide à conserver les abeilles » : ce sont des discussions très intéressantes mais on ne va pas entrer là-dedans aujourd’hui. Peut-être pourra-t-on aborder ces aspects dans le cadre d’un prochain article. En attendant, gardons en tête l’idée centrale, qui est que le végétalien ne mange rien qui soit issu de l’exploitation animale.

Et puis il y a le vegan ou végane. Pendant longtemps j’ai cru que le véganisme consistait à ne rien utiliser qui soit issu de l’exploitation animale. Comme si le végétalisme sortait juste de l’assiette. Donc pas de cuir, de laine, de soie, de cachemire pour s’habiller, se chausser, choisir ses meubles… Pas de produits d’hygiène ou de beauté contenant des ingrédients comme les produits de la ruche, le carmin de la cochenille… Pareil pour les produits d’entretien, rien de testé sur les animaux. Mais aussi ne pas cautionner les cirques, les zoos etc.

Et en fait j’avais tout faux.

La vraie nature du véganisme

J’avais tout faux car être vegan (ou végane à la française) ce n’est pas une liste de choses interdites, ou de règles à suivre. C’est une philosophie. C’est une prise de conscience, c’est Neo sortant de la Matrice. C’est un bouleversement de vie, une transformation de soi, c’est se révéler enfin à soi-même et aux autres… la meilleure version de soi-même, en perpétuelle construction, évolution, remise en question. Ce serait trop long d’expliquer, de détailler le cheminement intérieur de quelqu’un qui devient vegan. Nous en parlerons peut-être une prochaine fois. Contentons-nous ici de dire qu’en réalité être vegan n’est pas un simple mode de vie. C’est une évidence de l’âme.

Etre vegan n’est pas un simple mode de vie. C’est une évidence de l’âme.

Car à force de réfléchir à nos actions, de décrypter les étiquettes de ce que nous achetons, de nous documenter, nous adoptons une démarche nouvelle. De plus en plus complète. De plus en plus lucide. Nous pensons de moins en moins à nous, de plus en plus aux autres : les animaux bien sûr mais aussi les opprimés de manière générale. Nous pensons aux concepts mêmes de liberté, de libre arbitre, d’altruisme, de compassion. Nous pensons à l’environnement, à la planète, et finalement à l’humanité toute entière : la place et les responsabilités de cette humanité dans l’univers.

Devenir vegan n'est pas une finalité en soi, mais le début d'un cheminement personnel intérieur, pour une transformation de vie

Nous réfléchissons à ce que nous sommes, à ce que nous souhaitons devenir, à l’avenir non pas de nos propres ego, mais du monde, et à l’héritage que nous souhaitons laisser derrière nous. Car finalement la question est simple : lorsque nous quitterons ce monde, y aurons-nous apporté du bonheur ou de la souffrance ? Il est évident que nous souhaitons réduire au maximum la souffrance générée par notre existence (si quelqu’un vous dit l’inverse, fuyez le plus vite possible et appelez la police) D’où ma première définition.

Etre vegan, c’est s’efforcer de créer le minimum de souffrance autour de soi.

Vous trouvez ça extrême ? Est-ce que ce ne serait pas tout simplement du bon sens ?

Un cheminement intérieur

Je vois passer des reportages sur le végétalisme parfois, sur le véganisme rarement, qui ne s’intéressent qu’aux « interdits » et se concluent généralement par des remarques d’une banalité assez affligeante et d’une partialité journalistique douteuse, laissant entendre que c’est bien tout ça mais encore faut-il pouvoir accepter de manger sans plaisir. Des vegans sont interviewés presque pour pouvoir les tourner en dérision, comme des bêtes de foire.

Alors rétablissons la vérité. Oui nous sommes en bonne santé, non nous ne perdons ni nos cheveux ni nos dents. Nous ne sommes pas plus tristes ni pâlichons que les autres. Nous mangeons suffisamment et avec plaisir : des choses saines ou de la junk food si nous le souhaitons… Mais tous ces points sont de simples détails par rapport à l’objectif global d’une telle façon de vivre. Nos vieilles habitudes sont mineures par rapport à l’avenir de l’humanité et de notre planète (vous aurez toujours quelqu’un qui vous dira « la vie est trop courte pour ne pas se faire plaisir » ou « je m’en fous de la planète » encore une fois fuyez loin de cet égocentrisme destructeur)

Le véganisme consiste non pas à viser la perfection, mais à semer peu à peu de petites graines d'espoir

L’important n’est pas de tout changer en un claquement de doigts. Certains y parviennent et c’est fantastique. L’important est de réfléchir et de commencer à agir. D’enclencher le mécanisme de la transformation personnelle et de ne plus jamais l’éteindre. Car chaque individu a sa propre responsabilité dans l’état actuel de notre société, un rôle à jouer, une graine à semer.

Chaque individu a sa propre responsabilité dans l’état actuel de notre société.

Alors oui, la côte à grimper est de quelques degrés plus raide. Mais l’ascension est magnifique.

Je suis persuadée que chaque action, chaque remise en question, a son importance et ne doit pas être minimisée. Pour apporter le changement que nous souhaitons voir dans le monde, nous devons, je pense, nous améliorer nous-mêmes. C’est la raison pour laquelle ma vision du véganisme ne s’arrête pas à l’assiette ou au choix de mes produits cosmétiques. Cela en fait partie bien sûr. Mais au-delà de ça, il s’agit d’un cheminement intérieur pour devenir une meilleure personne, faire de son mieux, donner du sens à son existence, trouver son propre rayonnement et le partager dans un monde qui semble aller de plus en plus mal.

Bienvenue sur ce chemin.

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5 Comments

  • Reply
    Ana
    27 octobre 2016 at 16:17

    Wow je trouve ton article vraiment très intéressant et super bien écrit ! Bravo !

    • Reply
      instinctvegan
      3 novembre 2016 at 22:32

      Merci !! c’est trop gentil ! Je suis vraiment contente qu’il te plaise 🙂

  • Reply
    Fanny
    8 janvier 2017 at 22:20

    Je viens enfin faire un tour sur ton blog et tu écris incroyablement bien! Tu le sais déjà mais je partage complètement ta vision du veganisme. C’est une manière de vivre tellement belle car respectueuse de la vie. Si j’ai toujours été très sensible aux autres (humains et animaux) ce trait de caractère s’est encore développé en devenant vegan. Et même si les commentaires des autres sont parfois lourds à porter je suis maintenant hyper fière de mon veganisme car justement je me sens en paix avec moi même et j’aime ce sentiment d’avoir l’impression de faire un peu de bien à cette planète et à ce monde

  • Reply
    vg_flora
    23 janvier 2017 at 11:24

    Je te suis déjà sur insta mais j’aime bcp ta façon d’écrire ! longue à vie à ton blog. Flora

    • Reply
      instinctvegan
      12 février 2017 at 00:05

      Merci Flora !! Ton passage ici me fait tellement plaisir 🙂

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