Etat d'esprit

Vivre ses rêves : le saut de la foi

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« Un jour. Peut-être. Je verrai tout ça plus tard. Je dois encore mettre de l’argent de côté. Je ne peux pas encore. C’est trop tôt. Ce n’est pas le bon moment. J’y réfléchis. »

Vous avez déjà dit ce genre de phrases ? C’est incroyable à quel point on peut freiner sa propre vie. Repousser ses propres rêves.

Nous nous donnons toutes sortes de prétextes. Ils sont généralement excellents.

On ne peut pas tout avoir, paraît-il. Alors on reste dans des situations insatisfaisantes. J’en ai déjà vécu plein dans ma courte vie. Je me suis adaptée : aux situations, aux autres, à mes propres peurs. J’ai fait des compromis, j’ai été raisonnable, j’ai été sage. J’ai été une bonne fille, malgré des petits moments de révolte dans mon parcours scolaire (Non je n’irai pas en prépa. Non je ne prendrai pas cette bourse de thèse). J’ai fait des études, j’ai rapidement trouvé un job, je n’ai encore jamais connu de chômage. J’ai construit une relation de couple durable. J’ai acheté un appartement.

Et puis en l’espace de deux ou trois ans, ma vie a commencé à prendre une tournure complètement différente. Je dis souvent, avec des sentiments mitigés, que « ma vie est devenue bizarre ». C’est tellement vrai. Et c’est angoissant mais c’est aussi tellement BIEN. J’ai enfin l’impression de commencer à vivre.

J’avais tout bien fait pourtant, vraiment, j’avais fait de mon mieux. Et je me suis bien ennuyée. Mais je m’étais auto-persuadée que c’était normal. Dans mon confort, dans ma routine, je m’éteignais. Je m’oubliais.

J’ai oublié que j’étais une personne idéaliste, passionnée, dingue, capricieuse. J’ai oublié que j’étais unique et précieuse. J’ai oublié que j’avais forcément un rôle à jouer dans ce monde. J’ai oublié ce que je voulais accomplir quand j’étais plus jeune. J’ai oublié que je voulais tomber follement amoureuse, comme une héroïne de roman. J’ai oublié que je voulais prendre des risques. J’ai oublié que je voulais rayonner, inspirer, changer le monde. J’ai oublié que je voulais créer mon entreprise. J’ai oublié que j’étais créative.

J’ai oublié de quoi j’étais capable et je somnolais, vaguement déprimée.

Et puis petit à petit je me suis réveillée. J’ai recommencé à chercher le sens de ma vie. Pourquoi suis-je là ? Que vais-je faire dans le bref temps qui m’est imparti ? Comment puis-je participer à créer un monde meilleur ?

Le véganisme a été un tournant crucial de ma vie, directement associé à un événement personnel douloureux : la perte d’un proche. Une conjonction qui a bouleversé mon existence. Toutes mes certitudes, tous mes repères ont volé en éclats. D’abord de fines fissures dans mon quotidien bien lisse. Comme une sensation d’inconfort. J’étais à l’étroit dans ma vie, dans ma peau, comme si je manquais d’espace, je ne savais plus où j’étais, qui j’étais, ce que je voulais, où j’allais. Ou plutôt je voyais un peu trop bien où j’allais : un chemin bien calme, bien prévisible… et chaque fibre de mon être se révoltait au fur et à mesure que j’avançais. Quel était le sens de ma vie ?

A ce moment là, un choix s’est présenté. Je pouvais fermer les yeux. Mettre tout ça dans un coin, et continuer comme si de rien n’était. Ou alors je pouvais prendre ce virage à 180° qui avait l’air super flippant et entamer ma remise en question personnelle.

Je le dis honnêtement : c’est long. Long et bouleversant. Au début, on se rassure en se disant qu’on pourra juste changer un ou deux détails… mais pas du tout. Une fois qu’on a commencé, on va jusqu’au bout. C’est le moment de vraiment creuser pour savoir qui on est. Se souvenir de ce qu’on voulait. Se demander ce qu’on veut. Qu’est-ce qui ne va pas ? Et il faut être vraiment honnête avec soi-même. Et c’est difficile, c’est douloureux, parce qu’on remet en cause des choix faits il y a longtemps et qui sont véritablement ancrés dans notre vie. Des choix qui impactent nos proches. Ils ne nous reconnaissent plus. Ils ne comprennent pas. Il se sentent exclus, rejetés, parce qu’on est concentré-e sur le fait de se trouver soi-même. Ce n’est plus possible de faire les compromis qu’on faisait avant, d’accepter les concessions. On nous trouve froid-e-s, méchant-e-s, indifférent-e-s… Bref, on entend des « qu’est-ce qui t’arrive », « je ne te reconnais plus », « tu délires en ce moment », « tu ne penses qu’à toi »

Si tu en es à ce moment crucial, ne lâche pas l’affaire. C’est ok de penser à toi. C’est nécessaire. Comment est-ce que tu pourrais t’occuper des autres si tu ne t’occupes pas d’abord de toi-même ? C’est impossible. Cette phase est nécessaire. Douloureuse bien sûr, et solitaire. Mais indispensable. Ça ne veut pas dire qu’il faut oublier d’où on vient ou dénigrer ce qui s’est passé avant. Jamais. Au contraire.

C’est le processus d’alignement qui se met en place. On parle beaucoup d’alignement ces derniers temps, peut-être trop, mais je trouve que ça décrit bien le phénomène. Le véganisme m’a permis d’énormément avancer dans mon alignement. C’est un mode de vie en accord avec mes valeurs profondes, qui me permet de garantir une cohérence entre ma tête, mon corps et mon cœur. D’autres choix m’ont permis de m’aligner encore davantage.

Il s’agit de définir ses propres valeurs personnelles. Celles avec lesquelles on se sent bien. Qui nous donnent un sentiment de liberté et de certitude. Pour rayonner, pour créer, pour aimer, pour rêver, pour agir. C’est le moment de réfléchir à ses objectifs. Savoir ce qu’on veut. Et surtout ce qu’on ne veut pas. Pas de comportement psycho-rigide ici. On trace son chemin de vie au fur et à mesure, et il pourra être modifié. Peut-être qu’il changera carrément de direction, peut-être simplement qu’il y aura plus ou moins de plantes sauvages sur le bord de la route. Qui sait.

Avec l’alignement doit venir la bienveillance envers soi-même. Le lâcher prise. Je suis une control freak, donc le processus est long pour moi. Mais je persévère. Parfois je me trouve au top. Parfois je me déteste tellement que je me dis que je ne réussirai jamais plus à sortir de chez moi. Et puis je sors quand même, parce que j’ai besoin du monde. Et le monde a besoin de moi, comme il a besoin de toi et de chacun d’entre nous.

Ces deux dernières années, j’ai beaucoup évolué. L’éthique a pris une place majeure dans ma vie. C’est ma valeur principale, la plus importante à mes yeux. Si quelque chose est vraiment trop éloigné de mon éthique, c’est non. Même si je dois passer pour la fille chiante, ou bizarre, si je perds un ami ou que ça me coûte mon job. Ce sera NON. Et ça me fait du bien de le savoir avec autant de certitude.

En peu de temps j’ai repris des études en parallèle de mon job, changé deux fois de boulot, lancé plusieurs projets, avancé sur le développement de différents business potentiels, j’ai rencontré de nouvelles personnes, j’ai décidé d’emménager seule… Je me suis souvenu que je voulais devenir entrepreneur. Depuis toujours. Depuis l’école primaire. Alors j’ai commencé à vraiment y réfléchir, à le visualiser. Maintenant je sais que je vais me lancer et je mène des actions concrètes pour ça.

Je me suis avoué des trucs que je n’osais pas m’avouer. Par exemple ça ne m’intéresse pas d’être raisonnable : je préfère être passionnée, même si ça me fait souffrir. Je vis dans un mélange de peur et d’euphorie, et je me sens tellement vivante. Je sais que le principal objectif de ma vie ce n’est pas d’avoir un bon job et une vie bien rangée. Mon objectif est d’être heureuse.

Je me connais de mieux en mieux et j’aime de plus en plus la personne que je deviens. Je m’en fous si ça a l’air prétentieux. On ne peut pas vivre en fonction des autres, leur regard, leur jugement.

Se faire confiance, c’est l’aventure la plus passionnante qui soit.

Tu devrais essayer.

 

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1 Comment

  • Reply
    vg_flora
    10 mai 2017 at 10:46

    bonjour, encore un super article qui décrit très précisément ce que je peux traverser en ce moment aussi (crise de la trentaine qui approche ? ). On avait déjà échangé rapidement sur instagram à propos de ton article sur le boulot (j’ai démissionné d’ailleurs depuis 🙂 et une fois encore tu arrives à mettre en mots (de façon très agréable d’ailleurs) ce je que je peux ressentir au fond de moi et que j’arrive difficilement à expliquer ou à communiquer à mes proches. Bref ça fait bizarre de lire les mots d’une « inconnue » et voir à quel point ils peuvent être criants de vérité pour soi-même.
    Je te souhaite une bonne continuation et plein de réussite dans tes projets.
    Flora

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